Envie d’un métier utile, concret et tourné vers l’humain ? L’orthoptie attire pour son équilibre entre technicité et relationnel. En 2023, la demande explose avec le vieillissement de la population, l’usage intensif des écrans et la tension sur l’offre en ophtalmologie. Voici un guide clair pour comprendre le métier, le parcours d’études et les véritables opportunités qui vous attendent.
💡 À retenir
- En France, le salaire moyen d’un orthoptiste est d’environ 2 500€ brut par mois.
- Près de 90% des orthoptistes exercent en milieu hospitalier ou libéral.
- Le secteur de l’orthoptie est en pleine expansion avec une demande croissante.
Qu’est-ce qu’un orthoptiste ?
Un orthoptiste est un professionnel de santé paramédical spécialisé dans la fonction visuelle. Il évalue la vision, dépiste les troubles, réalise des examens complémentaires et conduit la rééducation pour améliorer le confort visuel et l’efficacité des mouvements oculaires. Son rôle s’inscrit dans le parcours de soins, en complémentarité avec l’ophtalmologiste et l’opticien.
Concrètement, il prend en charge des patients de tous âges, du nourrisson à la personne âgée. Il intervient sur le strabisme, l’amblyopie, les troubles de la convergence, les paralysies oculomotrices, mais aussi la rééducation en basse vision et la réadaptation neurovisuelle après un AVC ou un traumatisme crânien. Les séances reposent sur des tests standardisés, des exercices progressifs et l’utilisation d’outils numériques.
Au quotidien, l’orthoptiste réalise des bilans visuels, effectue des mesures préalables à la consultation d’ophtalmologie et participe au dépistage des pathologies oculaires. Il peut explorer le champ visuel, réaliser des examens d’imagerie comme l’OCT sous protocole, et suivre l’évolution des patients au fil des séances. Sa pratique associe précision, pédagogie et sens clinique.
La différence avec l’ophtalmologiste tient au périmètre d’intervention. L’ophtalmologiste pose les diagnostics médicaux et prescrit les traitements. L’orthoptiste se concentre sur l’exploration fonctionnelle, la rééducation et le dépistage, toujours en lien avec le médecin quand la situation l’exige. Cette collaboration optimise les délais de prise en charge et améliore la fluidité du parcours de soins.
Comment devenir orthoptiste ?
En France, le cursus pour exercer passe par un Diplôme d’État d’orthoptie délivré à l’université, au sein des facultés de médecine. La formation alterne cours théoriques, travaux pratiques et stages cliniques. L’admission se fait après le baccalauréat via Parcoursup, sur dossier et parfois entretien selon les centres.
Le programme dure en général trois ans et mêle sciences médicales, techniques de rééducation et immersion professionnelle. Dès la première année, les étudiants rencontrent des patients et découvrent les différents lieux d’exercice. Des capacités relationnelles solides et une vraie appétence pour les sciences sont essentielles pour s’épanouir dans le métier.
Les études requises
Le Diplôme d’État se prépare à l’université. Les attendus portent sur la biologie, la physique appliquée à l’optique, l’anatomie et la physiologie de l’œil. Un bon niveau en sciences et en méthodologie de travail aide clairement à réussir. Les places sont limitées, d’où l’intérêt de préparer soigneusement son dossier Parcoursup.
Des modules clés structurent le cursus : optique géométrique, réfraction, orthoptique clinique, neurophysiologie, sémiologie oculaire, techniques d’examens, santé publique, déontologie. Les stages se déroulent en cabinet d’ophtalmologie, en service hospitalier, en centres de rééducation et parfois en structures médico-sociales.
Conseil pratique : effectuer des immersions d’observation avant de candidater. Une journée aux côtés d’un professionnel permet de confirmer son projet, de comprendre les exigences du métier et d’enrichir sa lettre de motivation.
Les compétences nécessaires
Le cœur du métier demande une combinaison de savoirs et de savoir-faire. Il faut une solide base scientifique et une maîtrise des protocoles d’examens. La relation patient est centrale : écoute, patience, pédagogie et diplomatie font la différence, notamment avec les enfants et les personnes âgées.
- Précision et sens de l’observation pour interpréter des mesures fines
- Habileté manuelle pour l’alignement et les tests oculomoteurs
- Adaptabilité face à des profils très variés et des pathologies multiples
- Aisance avec les outils numériques et les dispositifs d’imagerie OCT, campimétrie
Les nouvelles pratiques imposent aussi des compétences digitales. La télésanté, la gestion de dossiers informatisés et l’usage d’algorithmes d’aide au dépistage deviennent courants. Savoir expliquer simplement des résultats techniques reste une vraie valeur ajoutée auprès des patients.
Déroulement des études
Un rythme type : cours fondamentaux le matin, TP sur les techniques d’examens l’après-midi, puis mises en situation en stage. Les premières semaines portent sur l’anatomie de l’œil et les bases de l’optique. Rapidement, vous apprenez à mesurer l’acuité visuelle, la motilité oculaire, la vision binoculaire et la réfraction.
Les stages montent en responsabilité : observation, puis participation active aux bilans, jusqu’à la conduite de séances de rééducation sous supervision. Un mémoire ou un travail de fin d’études vous entraîne à analyser la littérature scientifique et à structurer votre raisonnement clinique.
Astuce pour progresser vite : tenez un carnet de bord de stage. Notez les cas vus, les paramètres clés, ce qui a bien fonctionné, ce qui reste flou. Cette habitude accélère votre autonomie et nourrit vos révisions.
Missions d’un orthoptiste

Les missions sont variées et rythmées par la clinique. Une journée peut alterner bilans visuels, examens d’exploration, séances de rééducation et préparation de comptes rendus. Dans un cabinet d’ophtalmologie, l’activité est souvent orientée vers la pré-consultation et l’imagerie. En structure de rééducation, l’accent est mis sur le suivi au long cours.
La dimension éducative est permanente. L’orthoptiste explique au patient ce qu’il mesure, les objectifs des exercices et comment poursuivre à la maison. Les résultats dépendent autant de la précision technique que de l’adhésion du patient, d’où l’importance d’une communication claire et bienveillante.
- Bilans : acuité, vision binoculaire, stéréoscopie, motricité oculaire, dépistage des troubles
- Explorations : champ visuel, imagerie rétinienne et maculaire, mesures préopératoires sous protocole
- Rééducation : strabisme, amblyopie, troubles de convergence, basse vision, réadaptation neurovisuelle
- Pré-consultation : collecte des données et préparation du dossier pour l’ophtalmologiste
- Prévention et éducation : conseils hygiéno-visuels, ergonomie écran, exercices à domicile
Témoignage terrain : « En pré-consultation, je peux accompagner 20 à 25 patients par jour. L’enjeu est d’être rapide sans sacrifier la qualité des mesures. Un protocole clair et un binôme fluide avec le médecin font gagner un temps précieux. »
Les nouvelles technologies enrichissent la pratique : plateformes de télésuivi pour les exercices, logiciels d’aide à la décision, imagerie plus fine avec des appareils compacts. Exemple concret : un patient amblyope reçoit un plan d’exercices numériques ludiques à faire 10 minutes par jour, avec remontée automatique des scores pour ajuster la séance suivante.
Conseils pratiques pour débuter : préparez des explications simples sur chaque test, utilisez des supports visuels, fixez des objectifs mesurables dès la première séance et proposez une fiche d’exercices claire pour le domicile. Une relation de confiance se construit sur des petites victoires visibles par le patient.
Débouchés et perspectives de carrière
Le marché de l’emploi est porteur. Près de 90% des professionnels exercent en hôpital ou en libéral, souvent au sein de cabinets d’ophtalmologie, de centres de santé ou de cliniques. La demande s’accélère avec l’augmentation des besoins visuels et la nécessité d’optimiser les parcours de soins. Le taux d’insertion après le diplôme est élevé et les mobilités géographiques ouvrent encore plus d’opportunités.
Les terrains d’exercice sont variés : activités techniques en imagerie et exploration, rééducation en basse vision, accompagnement neurovisuel, coordination de parcours en structures pluridisciplinaires. Un orthoptiste peut construire un profil très clinique ou au contraire orienté vers la prévention, la formation ou la recherche appliquée.